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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/444

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apostolique, il insistait énergiquement auprès de ses confrères, les directeurs du séminaire des Missions-Étrangères, sur la nécessité de nouveaux ouvriers. « Les renforts que vous avez envoyés à cette mission semblent déjà produire leurs fruits qui, j’ose l’espérer, deviendront de plus en plus abondants. Nos chrétiens, pleins d’une bonne volonté admirable, font pour s’instruire des efforts qui dépassent tout ce que je pouvais attendre ; la ferveur augmente, et ce mouvement paraît se communiquer aux païens. C’est à nous d’entretenir et d’augmenter ces heureuses dispositions qui sont l’effet de la grâce, en leur procurant les moyens de recevoir les sacrements dont ils sont saintement avides. Cette terre de Corée, Messieurs et vénérés confrères, ne demande qu’à produire ; mais il faut des bras pour y jeter la divine semence et la cultiver, et les bras nous manquent ! Mgr le coadjuteur qui a presque terminé son dictionnaire coréen-chinois-français, s’occupe activement à recueillir les documents qui concernent nos martyrs depuis l’introduction de l’Évangile dans ce pays. Ce travail aussi difficile qu’important nous mettra à même de rédiger d’une manière complète l’histoire de la religion en Corée. M. Pourthié enseigne les élèves de notre séminaire, et M. Petitnicolas, dont la santé exige du repos, va aider mon vénéré coadjuteur dans ses travaux. En sorte que sur sept missionnaires que nous sommes ici, quatre seulement peuvent faire mission ; c’est trop peu.

« Chargé d’un immense district, le missionnaire aura beau se consumer de travaux d’un bout de l’année à l’autre, il succombera à la fatigue, mais il ne réussira pas à suffire aux besoins spirituels de son troupeau. Il ne faut pas oublier que la mission de Corée, depuis son origine, a été bouleversée par de continuelles persécutions et que, jusqu’à présent, les missionnaires y ont été si peu nombreux que, malgré le zèle qui les dévorait, il leur a été impossible de consacrer plus d’un quart d’heure à chaque néophyte dans le cours d’une année. Maintenant, grâce aux bénédictions du Seigneur, nous sommes plus tranquilles, et le nombre des chrétiens augmente chaque jour, il importe de les bien former. Plus tard, les difficultés seront plus sérieuses. Un des besoins les plus pressants, c’est l’instruction. Or, dans l’état où nous sommes réduits, nous ne pouvons instruire que par les livres, et les livres manquent ; il est donc indispensable que quelques missionnaires abandonnent toute administration pour se livrer à l’étude de la langue et se mettre en état de pouvoir traduire nos livres de doctrine chrétienne. C’est pour cette rai-