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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/408

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Il se rétablit, et administra son district comme de coutume ; néanmoins ces secousses avaient fortement ébranlé sa constitution, elles regardant comme un avertissement de Dieu, il songeait sérieusement à se préparer à la mort. Mais Dieu l’appelait à d’autres travaux. Dès l’année 1845, Mgr Ferréol, vicaire apostolique de Corée, avait voulu le nommer son coadjuteur, avec future succession. Il refusa cet honneur, dont, dans sa profonde et sincère humilité, il se croyait indigne. Mais quelques années plus tard, Mgr Verrolles le nomma son coadjuteur. Son zèle, ses talents hors ligne, ses longs travaux apostoliques le désignaient assez clairement au choix du vicaire apostolique et du Saint-Siège. Les instances de ses confrères le forcèrent d’accepter, en lui prouvant que son refus serait contraire à la volonté de Dieu. Il se résigna aux obligations de cette nouvelle charge, et reçut la consécration épiscopale à la fin de l’année 1854.

« Je vous annonçais, » écrit-il à l’un de ses amis, le 16 janvier 1855, « je vous annonçais dans ma dernière lettre, que j’avais accepté le coadjutorerie de Mandchourie avec le titre d’évêque de Trémita : je n’étais pas sacré encore. C’est le 27 décembre, fête de Saint-Jean, que j’ai reçu la plénitude du sacerdoce, des mains de Mgr Verrolles, vicaire apostolique de cette mission. Mgr Daguin, évêque lazariste, vicaire apostolique de Mongolie, avec lequel j’ai fait le voyage de Chine, et deux autres missionnaires, dont un de notre diocèse, M. Mallet, de Laval, assistaient à cette touchante cérémonie. Malgré le soin que nous avions pris de cacher aux chrétiens le jour où devait avoir lieu ma consécration, plus de cinq cents néophytes y sont accourus de toutes les parties de la mission. Nous craignions que ce concours ne nous attirât des tracasseries de la part des païens et des mandarins. Grâce à Dieu, tout est resté calme. »

Dans une autre lettre, parlant du concours des chrétiens à son sacre, il ajoutait : « Pauvres gens ! ils étaient heureux de me voir évêque, et se tenaient pour assurés que je ne les quitterais plus. Je ne pensais pas non plus, quelques jours auparavant, que je dusse aller évangéliser d’autres contrées. Et cependant, dans les desseins de Dieu, ma mission en Mandchourie était finie !… Me voilà donc évêque et coadjuteur ! Mieux que personne, vous savez quel besoin j’ai de grâces toutes spéciales pour remplir dignement les devoirs de cette charge. Si encore je devais rester simple coadjuteur de la mission de Mandchourie, le fardeau serait moins pesant. Mais, trois jours avant ma consécration, me sont arrivées des bulles de Rome qui me nomment évêque