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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/10

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L’Évangile avait à peine pénétré dans ce pays, que l’évêque de Péking en écrivit au Souverain Pontife. Le pape Pie VI reçut cette heureuse nouvelle en 1792, au moment où commençaient les terribles épreuves de la Révolution. Il rendit grâces à Dieu, envoya aux néophytes la bénédiction apostolique, et confia à l’évêque de Péking lui-même le soin de la chrétienté naissante.

Vingt ans après, en 1812, les chrétiens de Corée ne pouvant obtenir de prêtres, à cause du triste état auquel les persécutions avaient réduit l’Église de Péking, écrivirent au pape Pie VII la lettre que nous avons citée, suppliant dans les termes les plus touchants celui qu’ils appellent le Père très-haut, très-grand et très-saint, de compatir à leur abandon et de leur envoyer des pasteurs. Cette lettre fut remise au vicaire de Jésus-Christ, dans sa prison de Fontainebleau. Il ne pouvait rien alors que prier et attendre de la miséricorde de Dieu des circonstances plus favorables.

Quand le calme eut enfin succédé aux épouvantables secousses, qui pendant vingt-cinq ans avaient bouleversé l’Europe, quand le Pape fut rentré triomphant à Rome, des jours meilleurs se levèrent pour l’Église. Non-seulement elle sortit des ruines sous lesquelles on avait cru l’ensevelir, mais, afin de consoler son cœur maternel, l’Esprit de Dieu suscita dans son sein une nouvelle et plus puissante explosion de zèle apostolique, pour la conversion du monde entier. Les vocations de missionnaires commencèrent à se multiplier. La Révolution avait détruit toutes les ressources réunies par la piété des âges précédents pour l’œuvre des missions ; les rois et les gouvernements ne prenaient nul souci de les reconstituer ; l’Association de la Propagation de la foi fut chargée par Dieu d’en créer de nouvelles, et de trouver dans la foi des pauvres, des ouvriers, des gens du peuple, des trésors plus considérables que n’en donnèrent jamais les rois chrétiens à l’époque où ils se croyaient tenus en droit et en honneur de fournir aux dépenses de l’apostolat. La Sacrée Congrégation de la Propagande s’occupait activement de régulariser ces généreux efforts. Nos lecteurs savent qu’on nomme ainsi la Congrégation des Cardinaux, chargée par le Pape de tout ce qui concerne la prédication de l’Évangile dans les pays hérétiques, schismatiques ou infidèles. C’est cette Congrégation qui envoie les ouvriers évangéliques, qui présente les évêques et vicaires apostoliques au choix du Souverain Pontife, qui résout les questions et juge les difficultés qui peuvent s’élever dans les missions. Elle est le