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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/65

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nées. Pour moi, c est là mon sentiment. Mais afin de ne pas m’écarter de mon sujet, greffier, prenez les décrets portés pour les citoyens de Thase et de Byzance, et faites-en lecture.

On lit les décrets.

Vous venez d’entendre les décrets, ô Athéniens ! Peut-être n’existe-t-il plus aucun des hommes pour lesquels ils ont été portés, mais les services existent toujours. Il convient donc de laisser subsister éternellement les colonnes qui les attestent, pour qu’on ne fasse d’injustice à aucun de ceux qui ont bien mérité de notre ville, tant qu’il en vivra quelques-uns, et qu’après qu’ils seront tous morts, elles restent comme un monument de notre générosité, une preuve publique et visible que nous savons reconnaître les services. Eh ! quel déshonneur sera-ce pour Athènes, si l’on voit, ou si l’on entend dire que les récompenses qu’ont méritées ces hommes en vous servant, sont abolies ; et qu’il n’y a de durable que les malheurs qu’ils ont essuyés à cause de vous ! Il serait bien plus à propos d’adoucir les malheurs en laissant subsister les grâces, que d’ôter les grâces, quand les malheurs subsistent encore. Est-il quelqu’un, au nom des dieux, qui veuille désormais vous rendre quelque service, quand il se verra dans l’alternative, ou de subir sur le champ la vengeance des ennemis, s’il ne