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est plus facile d’imprimer sur ces cires moles les figures qu’il desire, ayant auprés de soy deux fois le jour dans ces Ecôles, ces enfans ; qui dans la suite, se mariants, sont des peres de famille, qui la sanctifient par leur bonne conduite.

Ces Ecôles sont comme des Academies publiques où les passions fougueuses de la jeunesse sont domptées & soumises à la raison ; ce sont des Pepinieres où la vertu est cultivée, & les vitieuses habitudes de la nature corrompuë sont rectifiées par les saintes instructions qui s’y font. Ce sont des Magasins ou se forment les bons ouvriers, les saints Magistrats, les bons peres de famille, &c. Enfin ces Ecôles sont des excellents Novitiats de Chrétiens pour la conservation du Thresor inestimable de la grace Baptismale : & pour le dire en un mot, c’est l’oeuvre des oeuvres.

C’est ce qui est prouvé bien au long dans les remontrances que nous avons cy-devant faites à Messieurs de la Ville de Lyon touchant ces Escôles.

Le Soin qu’un Curé doit avoir des Ecôles, En quoy consiste-t-il ?

1. A choisir deux personnes d’une probité, pieté, & capacité singuliere : l’une pour l’Ecôle des garçons & l'autre pour celle des filles. Le curé ou son vicaire se peut appliquer à celle des garçons, ou à son défaut quelque bon Ecclesiastique, ou à tout le moins un Laïque d’une grande probité qui soit au gré des habitans, s’il se peut : Et pour l’Ecôle des filles une honnête & sainte Matronne, qui ne doit point enseigner de garçons, non plus que le Maître des filles.