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En dépit de sa grande faiblesse, l’animal fut contraint de nager, afin de tenir sa tête hors de l’eau et de ne pas couler à fond, Et, en un jeu diabolique, destiné à augmenter son supplice, Sandy continuait à ramer de toutes ses forces. Pris dans les remous de la pirogue, Kazan sentait, par moments, sa tête broussailleuse disparaître dans le fleuve. D’autres fois, quand il s’était remis d’aplomb, en nageant dans un effort désespéré, c’était l’homme qui, d’un coup de sa rame durement asséné, le replongeait dans l’eau.

Au bout d’un mille de ce mode de voyager, le chien-loup, exténué, n’allait pas tarder à être noyé. Alors seulement son maître se décida à le tirer à bord et à l’embarquer.

Tout brutal qu’il fût, et par cette brutalité même, le système de Sandy Mac Trigger avait abouti au résultat désiré. Kazan était devenu aussi soumis qu’un enfant. Il ne songeait plus à sa liberté perdue et à lutter encore pour elle. Son seul désir était que le maître lui permît de demeurer couché au fond de la pirogue, à l’abri de l’eau et du gourdin. Celui-ci gisait entre lui et l’homme, à un pied de son museau, et le sang coagulé qu’il y flairait était son propre sang.

Pendant cinq jours et cinq nuits, la descente du fleuve continua et la méthode de Mac Trigger, afin de bien inculquer au chien-loup la civilisation, se poursuivit par trois autres rossées, qui lui furent administrées à terre, et par un recours supplémentaire au supplice de l’eau.

Le matin du sixième jour, l’homme et la bête atteignirent Red Gold City et Mac Trigger campa près du fleuve. Il se procura une chaîne d’acier, s’en servit pour attacher solidement Kazan à un gros piquet, puis coupa lanière et muselière.

— Maintenant, dit-il à son prisonnier, tu ne seras plus gêné pour manger. Je veux que tu redeviennes