Ouvrir le menu principal

Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/501

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Laissez l’État et n’en dites plus mot,
Il est pourvu d’un très-bon matelot ;
Car, s’il vous faut parler avec franchise,
Quoique sur tout votre esprit subtilise,
On vous connaît, et vous n’êtes qu’un sot
En bon français.



SONNETS

Il faut finir mes jours en l’amour d’Uranie ;
L’absence ni le temps ne m’en sauraient guérir,
Et je ne vois plus rien qui me pût secourir,
Ni qui pût rappeler ma liberté bannie.

Dès longtemps je connais sa rigueur infinie ;
Mais, pensant aux beautés pour qui je dois périr,
Je bénis mon martyre, et, content de mourir,
Je n’ose murmurer contre sa tyrannie.

Quelquefois ma raison, par de faibles discours,
M’invite à la révolte et me promet secours ;
Mais, lorsqu’à mon besoin je veux me servir d’elle,

Après beaucoup de peine et d’efforts impuissans.
Elle dit qu’Uranie est seule aimable et belle,
Et m’y rengage plus que ne font tous mes sens.





Des portes du matin l’amante de Céphale
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellements ouverts
Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale ;

Quand la nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d’attraits divers