Ouvrir le menu principal

Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/500

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Parmi tant de périls divers,
De vos faits allongez l’histoire ;
Et, voyant qu’un destin puissant
Doit à votre bras agissant.
Tous les étés, une victoire.
Pour la France et pour votre gloire,
Tâchez d’en vivre jusqu’à cent.




RONDEAUX


Ma foi, c’est fait de moi, car Isabeau
M’a conjuré de lui faire un rondeau.
Cela me met en une peine extrême.
Quoi ! treize vers, huit en eau, cinq en ême
Je lui ferais aussitôt un bateau.

En voilà cinq pourtant en un monceau.
Faisons-en huit en invoquant Brodeau,
Et puis mettons, par quelque stratagème :
Ma foi, c’est fait.

Si je pouvais encor de mon cerveau
Tirer cinq vers, l’ouvrage serait beau ;
Mais cependant je suis dedans l’onzième,
Et ci je crois que je fais le douzième ;
En voilà treize ajustés au niveau.
Ma foi, c’est fait.




En bon français politique et dévot,
Vous discourez plus grave qu’un magot ;
Votre chagrin de tout se formalise,
Et l’on dirait que la France et l’Église

Tournent sur vous comme sur leur pivot.
A tout propos, vous faites le bigot,
Pleurant nos maux avecque maint sanglot,
Et votre cœur espagnol se déguise
En bon français.