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Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/431

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JEAN DE SCHELANDRE


1583 — 165



Jean de Schelandre, seigneur de Saumazènes en Verdunoîs, est de la race des poètes d’épée, race illustre et vaillante, qui compte en France Thibaut de Champagne et Thibaut de Marly, Eustache Deschamps, Du Bartas, d’Aubigné, Saint-Araand, Scudéry, Racan, Boufflers, Bertin, et que représentent de nos jours M. de Vigny, M. de Molènes, et quelques autres sans doute. Son père, gouverneur de Jametz en 1688, est cité dans l’Histoire universelle de d’Aubigné. Sa famille, alliée à plusieurs maisons illustres, et entre autres à la maison de La Mark, était calviniste. Militaire et huguenot, Schelandre se trouve avoir une double affinité avec l’auteur des Tragiques, dont il fut, bien que né quelque trente ans plus tard, le contemporain. On peut lui en trouver une encore, autrement glorieuse, l’affinité du talent, qui permet de le considérer comme le second poëte de génie que la Réformation ait donné à la France. Né sur le seuil du xvii* siècle. Schelandre appartient comme poëte au xvi « . Colletet, son unique biographe, nous apprend qu’il n’ai-mait pas Malherbe, dont la poésie lui semblait trop molle et trop efféminée ; et qu’il lui préférait Ronsard et Du Bartas, qui, dit-il, après les plus excellents poètes grecs et latins étoient ses auteurs favoris. — Ses vers, dit encore Colletet, n’ont pas véritablement toute la délicatesse de son siècle, mais ils ont en récompense toute la force du siècle précédent ; et comme il n’aimoit que les choses mâles et vigoureuses, ses pensées l’étoient aussi. Cette identité de goûts et de doctrine qui achève la ressemblance entre Schelandre et d’Aubigné s’explique par la similitude de leur vie : sol