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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/96

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tendait nous taxer, il s’agissait d’en profiter pour obtenir davantage. De là l’initiative d’une pétition adressée aux membres du Parlement. Nous demandions : 1° une taxe maximum de 5 fr. ; 2° une législation mettant fin aux arrêtés et jugements contradictoires dont était l’objet la circulation vélocipédique. Je n’étais jusqu’ici intervenu au profit des cyclistes que pour tâcher d’empêcher que la délicieuse allée des Érables, au Bois de Boulogne, ne leur fût interdite — la même qui, aujourd’hui, leur est réservée. Marius Dubonnet
m. marius dubonnet
Président de la Société Nautique de la Basse-Seine
Mais comme j’étais lié avec M. Ribot, ministre des Affaires étrangères et président du Conseil, le Comité de la pétition me pria de lui ménager une audience qui eut lieu le 6 janvier 1893, au quai d’Orsay. Je présentai donc à M. Ribot, MM. Pagis et le docteur Minart, de l’Union vélocipédique de France ; Ballif et Leroy, du Touring-Club de France, et Raymond qui représentait avec moi l’Union des Sports athlétiques. M. Ballif exposa longuement nos griefs et nos espérances. Tous les journaux s’exclamèrent le lendemain sur cette « curieuse entrevue ». Qu’avait-elle donc de si curieux ? Il est vrai que l’éducation sportive de la grande presse n’avait guère progressé. Le Gaulois ne parlait-il pas à quelque temps de là des « maillets longs et plats » avec lesquels on joue au football et Francisque Sarcey ne vantait-il pas dans l’Écho de Paris, les journées passées au jeu de paume, « journées pleines de charme même quand on le décore du nom anglais de football ». Oh ! l’oncle, en voilà une raide !

Ces événements avaient noué des liens entre nous et les dirigeants de l’U. V. F. ; cela répondait tout à fait à mon désir. C’est comme cela que j’aurais voulu agir vis-à-vis de l’Union des