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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/220

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ou un bouddhiste d’esprit ouvert. Les mentalités de l’israélite, de l’hindou, du shintoïste ne font l’objet d’aucune étude. C’est beaucoup plus important de savoir ces choses pourtant que de connaître l’âge du pithécanthrope ou la carcasse du diplodocus. Car c’est la vie même, la vie actuelle, la vie profonde de l’homme.

Je devine à quelles violentes oppositions je me heurterai quand il s’agira de répandre cette doctrine pédagogique du respect mutuel mais le progrès ne s’acquiert qu’en bataillant et ma foi est absolue qu’ainsi seulement l’équilibre moral se rétablira dans les âmes odieusement divisées ; et les églises elles-mêmes finiront par reconnaître que, loin de leur être préjudiciable, ce respect mutuel, même étendu à la libre-pensée sincère, est apte à fortifier le sentiment religieux.

Me voici en apparence loin de la ive Olympiade. Mais ne vous devais-je pas, lecteur attentif qui m’aurez bien voulu suivre jusqu’ici, de vous dire ma pensée entière et de joindre un plan pour demain à cette histoire d’hier. Tout cela forme un ensemble. Convaincu que, de toutes les réformes auxquelles en ce temps-ci on s’attelle avec un zèle parfois intéressé mais souvent généreux, celles qui visent l’éducation de l’adolescent sont les plus urgentes et les plus essentielles, j’ai porté là tout le poids de mon effort. L’avenir dira si je me suis trompé.