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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/70

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notes sur l’éducation publique

ne peut nous envoyer ses rayons en moins de trois ans. Les nébuleuses sont des amas d’étoiles ; les étoiles sont des soleils, semblables au nôtre et retenant autour d’eux un cortège d’invisibles planètes. Parmi ces soleils, il en est de doubles, de multiples, de colorés, de variables aussi dont l’éclat et la coloration subissent des modifications périodiques. Leur nombre est incommensurable, les distances qui les séparent défient l’imagination et tous ces astres sont animés d’un mouvement incessant et maintenus dans une harmonie permanente. Sans crainte, on peut citer des chiffres ; les chiffres astronomiques ont une vertu singulière ; leur formidable puissance n’écrase point. Ils comportent, d’ailleurs, les leçons les plus diverses : la poésie qui s’en dégage surpasse assurément toutes les créations de l’esprit humain, sans que cette poésie ait rien de trouble ou de maladif ; ils revêtent, d’autre part, la précision des sciences exactes et aboutissent néanmoins à d’insondables mystères. Ainsi, ils enseignent à la fois l’action et la modestie, la possibilité de progresser indéfiniment dans la recherche du vrai et l’impossibilité de surprendre la vérité totale ; aucune science ne place en un relief plus saisissant cette double loi du travail humain dont