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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/333

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conclusions

enfin, qui nous porte à vouloir achever nous-mêmes, au risque d’en compromettre la solidité, les édifices dont nous posons les fondations : tels sont les ennemis de l’œuvre à accomplir.

Ils sont à craindre, surtout en France. On me permettra de rappeler, encore une fois, que notre enquête a porté sur l’ensemble des pays civilisés et non sur la France seule, ni même sur un coin de l’Europe. Mais les préoccupations de tout voyageur le ramènent sans cesse vers son pays ; il le compare à d’autres et la franchise l’oblige, parfois, à reconnaitre que la comparaison est à l’avantage d’autrui. Ainsi en est-il pour l’éducation publique. En avance sur beaucoup de terrains, la France est en retard sur celui-là ; ou du moins ses efforts sont paralysés par un bloc étrange de préjugés séculaires. Rollin, Voltaire et Napoléon ont constitué au vaisseau de la pédagogie française une si effrayante cargaison, qu’il est impuissant à gagner la haute mer. L’heure est venue pourtant d’appareiller pour rejoindre la flotte internationale et le vaisseau, du reste, est en bon état Fluctuat nec mergitur.