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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/32

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notes sur l’éducation publique

gieux que l’Église avait intérêt à faire naître et à cultiver. Aujourd’hui, elle reprend conscience de son devoir, infiniment mieux outillée pour le remplir. Et cela non plus, n’est pas brusque. Il s’agit d’une réforme très lente et qui n’a son centre ni dans un pays quelconque, ni dans un milieu social déterminé, ni dans un culte spécial. Dans tous les pays, parmi les riches comme parmi les pauvres, chez les catholiques et les protestants aussi bien que chez les juifs ou les libres penseurs, on trouve des parents pour qui l’éducation personnelle de leurs enfants est devenue la grande affaire, l’intérêt principal de la vie, des parents qui n’hésitent pas à modifier leur existence, à changer de domicile pour que cette éducation se poursuive dans des conditions préférables. Ceux-là sont encore la minorité, mais une minorité déjà puissante. Il y a cinquante ans, on les eût partout trouvés blâmables ; aujourd’hui, ceux qui ne les imitent pas, les admirent et les louent. Une idée philosophique grandit dans le monde civilisé et s’étend comme une tache d’huile, c’est que pour une génération, l’œuvre par excellence est de former la suivante. Juste ou non, l’idée est belle et bien certainement un grand morceau d’avenir lui appartient.