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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/253

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l’enseignement moral

moins mobiles, elles se sont fait sentir. S’il n’a pu toucher au patrimoine dogmatique du Saint-Siège, Léon xiii, rien que par le rayonnement d’un spiritualisme plus éclairé, a singulièrement allégé les consciences. Les routes qu’il a ouvertes seront barrées, peut-être, par l’intransigeance passagère d’un successeur timoré. Le fait que le tracé en aura été établi de la main d’un pape n’en demeurera pas moins, avec toutes ses conséquences. Par contre, il est probable que des influences plus douces auront bientôt raison de l’œuvre d’étroitesse et de réaction à laquelle, dans une pensée mal déguisée de domination politique, M. de Pobedonotszeff a convié le Saint-Synode. Partout on voit, de la sorte, des tendances s’opposer, des partis se former. C’est la vie qui circule, c’est l’esprit qui pénètre de nouveau la lettre et la vivifie.

Ainsi, il n’est que juste de dire que la science a agi sur la religion, mais dans un sens bien opposé à ce qu’auguraient ses enthousiastes disciples. Depuis les enceintes closes où s’enfermaient, intactes, les croyances du passé jusqu’aux groupements indécis que forment les masses laborieuses, inquiètes d’idéal autant que de bien-être, son influence s’est partout manifestée, pour rajeunir et consolider, non pour