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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/247

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l’éducation sociale

ront donner lieu à des créations analogues. Pourquoi chimistes, botanistes, photographes en herbe, n’auraient-ils pas la libre disposition d’un petit laboratoire, d’un petit musée où leur vocation puisse s’affirmer et se préciser ? La coopération — indispensable pour rendre viables ces nouveautés — ne serait pas seule à y trouver son compte ; l’entendement et la morale y trouveraient aussi le leur.

Je parlerai plus loin du rôle de l’art dans l’éducation. Quant à la parole publique, à peine est-il besoin d’insister sur la nécessité d’y exercer, de bonne heure, de futurs citoyens. Les qualités utiles ne s’acquièrent pas, à moins de dispositions naturelles, passé un certain âge. Elles sont de deux sortes ; pour bien s’exprimer, sinon à une tribune, du moins au sein d’une réunion quelconque, il faut, d’abord, ordonner sa pensée avec promptitude et clarté, et ensuite, la rendre en termes appropriés aux circonstances et à l’effet que l’on veut produire. Boileau prétendait qu’il suffisait de « bien concevoir » pour « énoncer clairement » ; mais la démocratie nous a fait toucher du doigt l’inexactitude du précepte. La parole démocratique, cela va de soi, est tout le contraire de la déclamation, et les représentations dramatiques ne sauraient