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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/172

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notes sur l’éducation publique

dans les herbes, une secousse maladroite donnée par un camarade distrait, une fausse manœuvre du barreur : l’embarcation ne s’arrête pas pour si peu, mais celui qui la monte perd soudain la notion de l’équilibre qui le charmait.

Même recherche inconsciente d’équilibre dans l’équitation. Sans doute l’homme entre fréquemment en lutte avec le cheval et cette lutte l’intéresse, d’autant mieux que l’intelligence s’y combine avec la force. Pour inférieur qu’il soit dans l’échelle des êtres, l’animal n’en a pas moins son idée et tient à la faire prévaloir. Toutefois, si la lutte se prolonge, le cavalier se lasse et proclame sa monture vicieuse, ce qui veut dire, très souvent, qu’elle est indomptable. Et ce n’est pas seulement sous le rapport utilitaire que le cheval « vicieux » a perdu de sa valeur, c’est également au point de vue sportif. Ce pourra être un plaisir pour des jeunes gens hardis, que le danger aiguillonne, de se mesurer avec lui, comme c’en est un pour les cowboys de réduire des chevaux sauvages sur les ranches d’Amérique, mais personne ne pensera que cette bataille constitue