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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/150

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notes sur l’éducation publique

qu’à la caserne, aujourd’hui, la besogne la plus vile est anoblie, aux yeux des soldats, par l’idée de la patrie pour laquelle ils l’accomplissent. Enfin venait le jour où, son stage terminé, le jeune écuyer entrait dans la chevalerie. La cérémonie rappelait la « remise des armes » en usage chez les Germains. Ses parrains lui remettaient les éperons, la cotte de mailles, le casque et enfin l’épée dont le premier contact l’armait chevalier. Alors il devait, d’un bond, sauter sur son cheval ; c’eût été un déshonneur de toucher l’étrier[1]. Au grand galop, il s’élançait pour abattre la quintaine. La quintaine représentait le Sarrasin, l’ennemi symbolique. C’était un pieu très épais, enfoncé en terre et supportant un trophée d’armes. Percer d’un coup de lance le bouclier et si possible, renverser le pieu, voilà le tour de force et d’adresse qu’on attendait de lui.

Ce fut l’origine des tournois dont les « carrousels » modernes peuvent donner quelque idée. Les tournois eurent une vogue de quatre siècles environ et laissèrent derrière eux, en Allemagne principalement, un souvenir du-

  1. L’invention de l’étrier est, croit-on, postérieure à Théodose. Il en est fait mention pour la première fois dans un livre sur l’art de la guerre, attribué à l’empereur Maurice.