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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/148

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notes sur l’éducation publique

Rome n’a point passé par les mêmes phases. Soldats laboureurs, les contemporains de Scipion l’Africain et de Caton le Censeur se contentaient d’alterner avec leurs travaux agricoles les exercices militaires du Champ de Mars. Quand Néron construisit les luxueux gymnases pour lesquels il faisait venir à grands frais le sable du Nil[1], il se flattait sans doute de restaurer l’athlétisme : il ne fit qu’en hâter la décrépitude. Les Thermes déjà l’avaient accentuée. Ce n’était plus la salutaire et saine hydrothérapie qu’aimaient les Grecs, mais une succession savante de frictions, d’onctions, de massages dans la vapeur et les parfums. Puis vint le cirque avec ses bestialités ; il fallut à la foule des blessures, du sang, des agonies L’instinct sportif n’exista plus à l’état collectif ; mais, sans doute, on eût pu, à travers la décadence romaine et plus encore à travers la décadence byzantine, en suivre, chez les individus, l’affaiblissement graduel, les manifestations de plus en plus rares. Peut-être quelques convaincus réussirent-ils à provoquer une réaction

  1. Les « Hellénisateurs » procédèrent en général de la même façon. Renan a raconté la curieuse tentative d’Antiochus le Grand pour helléniser Jérusalem. C’est un gymnase qu’avant tout il décida d’y créer.