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Page:Coubertin - Lecons de gymnastique utilitaire, 1916.djvu/41

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tion purement mécanique que certains physiologistes en arrivent à se faire du corps humain : conception qui n’est pas seulement insuffisante mais erronée et conduit, en pédagogie par exemple, à de néfastes erreurs.

Ce qui importe, ce n’est pas le mouvement lui-même mais la façon dont vous l’exécutez, l’attention que vous y prêtez, l’énergie que vous y mettez. Il y faut donc un incitant et quel meilleur incitant que celui auquel nous avons eu recours tout le long de ces études : l’incitant utilitaire ? Dès que les exercices du matin auront un sens défini, une raison d’être spéciale et directe, l’intérêt en sera suffisamment avivé pour qu’ils aient chance de s’incruster peu à peu dans la vie de chacun et d’y prendre la puissance d’une habitude impérieuse.

Eh bien ! rien n’empêche de choisir, de préférence aux mouvements généraux n’ayant point d’application précise, ceux qui servent aux sports de sauvetage, de défense et de locomotion. Ce seront comme les gammes de ces sports-là, des gammes quotidiennes qui entretiendront l’acquis et prépareront le perfectionnement éventuel.

Vous n’imaginez pas tout ce que l’on peut faire avec une table et deux chaises robustes. Une couverture pliée en quatre et posée sur l’une des chaises la transforme en un confortable chevalet de natation sur lequel la brasse se travaille à merveille. Les deux dossiers, après que vous les aurez enjambés dans tous les sens, vous procureront un embryon de barres parallèles. Et ces barres parallèles improvisées se orneront ensuite à votre gré en haltères propres à exiger à la fois de la force et de l’adresse. Vous pouvez sauter la chaise à pieds joints et la table avec appui des mains. Les exercices de renversement, les pieds pris sous un bois de lit, maintiendront en bonne forme le rameur que vous êtes et si vous les combinez avec l’usage d’un extenseur bien placé, vous aurez une sorte d’image assez complète de ce qu’exigerait de vous une yole à coulisses.

Fixez maintenant au mur un bon rembourrage sur lequel, ayant plastronné des deux mains avec le léger fleuret en bien soignant votre allonge, vous pourrez vous escrimer du pied et du poing comme un honnête boxeur, en attendant de jouer de la canne au milieu de la chambre.

Enfin, nu-pieds sur un tapis, on entretient son souffle en courant sur place quelques minutes. Et si je ne craignais de devenir obscur dans mes explications, j’indiquerais encore d’autres mouvements plus complexes, propres au cavalier ou au cycliste. Tout cela, il est vrai, ne fait point du lancer ni surtout du grimper mais êtes vous bien sûr de ne pouvoir, à portée et