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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume III.djvu/18

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le respect des croyances

cet égard tout égoïsme et s’être abîmées en complète abnégation dans le sein de l’Être suprême cèdent à une naïve illusion car c’est en réalité l’instinct de la survivance personnelle qui continue d’opérer en elles.

Tout cela est naturel et normal mais il en découle que l’idée religieuse n’est pas près de disparaître ni même de s’affaiblir sensiblement. « Nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus » s’écriait naguère en plein parlement un orateur célèbre. Et l’étonnant n’est point qu’il se soit trouvé dans cette assemblée un homme que la politique ait empêché de profiter des enseignements de l’histoire au point de l’amener à formuler une telle proposition mais que le reste de l’assemblée n’en ait pas senti sur l’heure la pédanterie un peu ridicule. Aucune lumière n’a encore été éteinte dans le ciel sans qu’il s’en soit presque aussitôt allumé une autre de nature équivalente. Et il en sera ainsi tant que l’espoir de l’au-delà germera dans l’âme humaine.

La moisson en sera toujours abondante et « ceux qui sont sans espérance » demeureront la minorité.