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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume I.djvu/12

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II
avant-propos

dépourvu d’instinct sportif à s’y adonner ? Les rendra-t-elle obligatoires ? On paraît y tendre mais très lentement ; au-delà des rudiments de la gymnastique scolaire, rien n’est prêt pour une semblable nouveauté. Si la chose advient ce sera dans longtemps. Que vaut d’ailleurs une obligation qui n’est pas appuyée sur une conviction ?

Voilà précisément ce qui a fait défaut jusqu’ici : une base de conviction — ou du moins de conviction suffisamment puissante pour vaincre les influences adverses de l’intérêt ou de l’inertie.

Dans l’antiquité, les exercices physiques ont servi à créer de la beauté artistique et à préparer de la force nationale. Plus tard, on les a préconisés comme moyen d’améliorer et de maintenir la santé individuelle. Mais il est trop visible que, de nos jours, les appels formulés en leur faveur, non seulement au nom de l’art mais encore au nom du patriotisme ou de l’hygiène, ne peuvent être entendus que de façon intermittente et superficielle.

Le culte de la beauté se limite désormais à la jouissance des grands spectacles de la nature et aux transformations esthétiques de la matière. Pour le plaisir et l’instruction de tous, quelques