Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/201

Cette page a été validée par deux contributeurs.
___________________________
___________________________
195

je devins calme et vécus dès lors avec plus de joie ; je sentis un mouvement d’orgueil à me dire que j’étais un homme, un être organisé pour avoir un jour une femme à moi ; le mot de la vie m’était connu ; c’était presque y entrer et déjà en goûter quelque chose… Quant à une maîtresse, c’était pour moi un être satanique dont la magie du nom seul me jetait en de longues extases ; c’était pour leurs maîtresses que les rois ruinaient et gagnaient des provinces ; pour elles on tissait des tapis de l’Inde, on tournait l’or, on ciselait le marbre, on remuait le monde… à tout cela je songeais le soir quand le vent sifflait dans les corridors ou dans les récréations pendant qu’on jouait aux barres ou à la balle… la vie humaine roulait ainsi pour moi sur deux ou trois idées, sur deux ou trois mots autour desquels tout le reste tournait comme des satellites autour de leur astre. »

Tous les adolescents, certes, n’ont pas cette puissance d’imagination ; tous ne seront pas des Flaubert. Mais il en est peu parmi les La-