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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/158

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heurt, la cohue, le désordre même se continueront peut-être derrière cette ligne de défense, mais au dehors rien ne transparaîtra. Que les nerfs se démènent et se révoltent s’ils veulent ; ce sont les muscles qui sauvent la Face.

C’est certainement ainsi que l’entendait le grand Turenne lorsqu’il s’adressait à lui-même sa sublime apostrophe : « Tu trembles, carcasse ! Tu tremblerais bien davantage encore si tu savais où je te conduirai demain. » Il sentait la bataille intérieure, mais ses muscles faisant bonne garde empêchaient quiconque d’y assister. On conçoit dès lors que le sport apparaisse comme une excellente préparation à des luttes de ce genre. Le sport, en effet, est un grand disciplineur de muscles et par là le meilleur maître de dissimulation physique. Non seulement le sportsman doit se défendre contre la peur et la souffrance, mais il doit paraître solide, gai, satisfait à travers les déboires et dans la défaite aussi bien que dans la réussite. Il ne le doit pas seulement pour les autres, mais