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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/157

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aux fakirs, par exemple, de se mutiler le plus douloureusement sans que leur corps semble percevoir la souffrance. On pourrait discuter très longuement sur cette question de l’insensibilité, mais tout le monde est d’accord pour admettre que non seulement elle résulte d’une exaltation formidable opérant sur tout l’organisme, mais encore que cette exaltation ne peut agir du premier coup, qu’il faut un entraînement. Les fakirs sont des habitués, presque des intoxiqués. Rien de pareil n’intervient dans les cas que nous venons de rappeler. Il s’agit d’hommes normaux employant leur vouloir à dissimuler soit la peur soit la souffrance qu’ils éprouvent, derrière une façade d’imperturbabilité. Voilà bien l’art de « sauver la Face » sous son aspect le plus beau et le plus noble.

Quelle est en ceci la part du physique ?… Cette part est énorme. C’est la volonté qui donne l’ordre de ne pas céder, mais ce sont les muscles qui dissimulent aux regards d’autrui la bataille et, tant que la bataille peut se voir, la « Face » n’est point « sauvée ». Le