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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/148

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mot on caractériserait pour tous ces sports l’inutilité de la méfiance ; quand le cavalier, le nageur, le boxeur, le gymnaste sont aux prises avec le fossé ou le flot, leur adversaire ou leur trapèze, il est trop tard pour se méfier. C’est avant qu’ils devaient être sur leurs gardes. Désormais, être confiant, voilà le secret du succès.

Tout le monde apercevra qu’il est d’autres sports où l’inverse est vrai. Sans doute il ne faut jamais que la méfiance y tourne à l’inquiétude, mère de l’énervement, mais elle doit prédominer nettement. De ce nombre sont l’automobile et la bicyclette et aussi la course à pied. Ces trois sports ont un caractère commun qui explique le danger de l’excès de confiance ; l’effort s’y superpose indéfiniment en quantités infinitésimales. Chaque foulée de galop du cavalier, chaque brasse du nageur, chaque fente ou chaque parade de l’escrimeur est, si l’on peut ainsi dire, un « geste complet » qui commence et qui finit, un geste qu’on peut considérer isolément. Le chauffeur, le cycliste,