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Page:Coppée - Contes tout simples, 1920.djvu/43

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piano fit place à un comptoir, où Mme Rozier, coiffée et pommadée avec soin, trôna désormais entre des édifices de bols à punch et des trophées de petites cuillers. La salle à manger devint une salle de billard. L’établissement fut pourvu de tous les jeux de société et de consommations, de premier choix. Il y eut des journaux fixés à des planchettes de bois. Enfin tout fut étudié et « pioché » dans les moindres détails, afin de donner une illusion complète. Mme Rozier, par exemple, obtint du domestique qu’il adoptât la petite veste et le tablier blanc, et qu’il laissât pousser ses favoris. Il apprit la mélopée particulière pour crier « un bock à l’as », attrapa le tour de main pour relever bruyamment la cafetière de métal, quand le consommateur ne voulait pas « de bain de pied », et même, par un raffinement de couleur locale, il jeta, deux ou trois fois par soirée, des poignées de sciure de bois sous les tables.