Ouvrir le menu principal

Page:Coppée - Contes tout simples, 1920.djvu/41

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Achille — au déjeuner du lendemain :

« Tu vas donc tous les soirs au café ? »

La réponse fut décourageante.

« Sans doute, comme tout le monde… Le patron allait au Café du Gaz moi je vais au Café de la Garde nationale… Tu sais bien, dans la rue de Rivoli… Ils sont à une portée de fusil l’un de l’autre.

— Et vraiment, reprit-elle d’une voix altérée, tu n’aimerais pas mieux rester chez toi… auprès de ta petite femme ?

« Si fait… Mais que veux-tu ?… Quand je ne sors pas après dîner, je ne digère pas, je dors mal… Je sais bien, oui, te tenir compagnie, ce serait bien plus gentil… Mais tu as besoin de te coucher de bonne heure… Et, je t’assure, c’est nécessaire, c’est même indispensable d’aller au café, pour un négociant. On rencontre là des connaissances, on apprend des nouvelles, on fait des affaires, tout en battant les cartes… Et puis… et puis, quoi ? J’en ai l’habitude. »

Pour l’en guérir, elle essaya de tous