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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/91

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elle réfléchissait et pleurait. Elle pensait que les autres y étaient allées en société et en foule, pourquoi son sort à elle était-il d'être solitaire.

Elle arriva au palais du roi et n'osa pas aller essayer le soulier avec les autres, elle resta cachée derrière le palais. Quant aux filles riches qui avaient des pères, elles étaient dans le palais et essayaient à l'envi d'introduire leur pied dans le soulier trouvé par le roi.

Toutes les filles qui étaient dans le palais essayèrent d'introduire leur pied dans le soulier, mais il n'allait pas. Le roi demanda : De toutes celles qui ont essayé le soulier, ne va-t-il pas (à quelqu'une) ? Les gens répondirent : Il ne va à personne. Le roi demanda : Toutes l'ont-elles essayé ? Les gens lui répondirent : Il reste encore Kajong qui est derrière le palais. Le roi dit : Dites-lui d'entrer pour venir l'essayer.

Les serviteurs amenèrent Kajong dans le palais pour essayer le soulier, elle l'essaya et il fut juste à son pied. Le roi ordonna à ses serviteurs d'aller la faire baigner et de la ramener au palais pour qu'il en fît sa femme.

Au milieu de la nuit le roi demanda à Kajong : As-tu ta mère et ton père ? Elle répondit : Ma mère et mon père sont morts pendant mon enfance quand je commençais à marcher. Ma mère je l'ai vue, mais mon père je n'en ai pas eu plein les yeux, j'étais encore très petite. Maintenant j'habite avec ma mère adoptive. Le roi prit le soulier qu'il avait trouvé et le regarda. Il lui dit : As-tu un soulier semblable à celui-ci ? Kajong répondit : Le soulier que j'ai ramassé est tout pareil à celui que le roi a trouvé. Elle le lui montra, le roi le prit et le compara avec l'autre et vit qu'ils étaient pareils. Il dit : C'était véritablement ta destinée de devenir ma femme, ô Kajong.