Ouvrir le menu principal

Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/103

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



XII

LE NIAIS


Voici un conte que les vieillards m'ont raconté autrefois. Je m'en souviens et je le conte au maître :

Deux époux avaient un fils qui était niais. Le voyant ainsi ils se dirent : Quand nous serons morts il ne saura pas conserver ses biens ; nos parents lui prendront tout et il n'aura plus de quoi vivre. Le père creusa donc un trou à l'intérieur de la palissade qui entourait sa maison, il y enfouit de l'or et de l'argent et planta en cet endroit un grenadier, un goyavier, un litchi, un oranger, un cocotier. Ensuite il fondit pour son fils un bâton d'or long de sept nœuds.

Le père appela son fils et lui dit : Quand nous serons morts, si tu ne peux conserver tes biens à cause de ta bêtise, conserve ce bâton. Quand tu voudras prendre une femme tu proposeras une énigme à la fille, si elle la devine tu la garderas, si elle ne devine pas tu la quitteras en lui donnant pour indemnité une des sections de ce bâton. Voici l'énigme : Le nhûk est sous le litchi ; qui a vu le roi sous l'oranger ? Telles furent les instructions du père à son fils.