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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/92

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DU CAPITAINE COIGNET.

maître et madame me firent appeler pour me rafraîchir. « Prenez un bon verre de vin de votre pays et un morceau de brioche ; nous sommes contents de vous ! — Ah ! j’ai mis sa petite part de côté », dit madame.

Le lendemain, je reçus mes petites provisions que je partage avec mes camarades, et je repris le boisseau avec le garde-moulin, pour ensacher de la farine pour Paris, pendant huit jours. Enfin j’étais de tous les métiers.

Madame me prie de donner tous mes soins à son jardin. Je lui fis d’abord un joli berceau au fond, en face de la porte, et je tirai au cordeau deux belles plates-bandes. Je creusai l’allée de quatre pouces pour relever mes deux plates-bandes ; et je remplaçais la terre enlevée avec du sable. Mon maître et madame viennent me voir. « Eh bien, Jean, dit monsieur, vous nous allez donc faire une route dans notre jardin. — Non, monsieur, mais une belle allée. — Vous ne pouvez pas faire cela tout seul, je vais faire venir le jardinier. — Monsieur, le plus difficile est fait. — Comment l’entendez-vous ? — Voyez mes trois lignes faites, mes piquets plantés ; voilà le milieu de mon allée. — Vous avez donc pris tous les cordeaux de mes charretiers ? — Je ne pouvais pas tirer ma ligne sans cela. — C’est juste. — Mon dernier piquet, vers le berceau, c’est pour faire une corbeille pour madame. — Ah ! c’est bien pensé, Jean. Vous avez une bonne idée de