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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/516

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L’inspection du général Dorsenne. (Voir page 285, ligne 1.) — « J’étais toujours prêt à le recevoir, et toujours prévenu, jamais surpris. » Une fois, cependant, je faillis recevoir une verte réprimande : nous avions fait quelques économies sur la nourriture de la semaine, et l’on avait décidé que l’on achèterait de l’eau-de-vie avec la somme économisée. Mais pour ne pas éveiller l’attention du général Dorsenne, je portai sur mon compte : « Légumes coulantes… tant. » Précisément l’infatigable général tomba sur ce passage. « Qu’est-ce que cela ? s’écria-t-il, légumes coulantes ? Je balbutiai et je finis par avouer notre peccadille. D’abord, il voulut se fâcher ; puis en voyant ma confusion, en songeant au singulier stratagème que nous avions imaginé, il se prit à rire : « Cette fois, je vous pardonne, dit-il, mais je n’entends pas qu’on économise sur la nourriture pour acheter des liqueurs. »

Une visite à Coulommiers. (Voir page 380, ligne 9.) — À la suite de nos fredaines contre les officiers des alliés, mon frère, qui en était informé, me fit garder les arrêts : « Ne sors plus, me dit-il, tu serais arrêté. » Je le lui promis.

Cependant, je pensais souvent à mes anciens maîtres, qui s’étaient montrés si bons pour moi, et je grillais d’avoir de leurs nouvelles. Or, un jour que j’étais sorti avec l’agrément de mon frère, et que je me rendais au faubourg Saint--