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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/50

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DU CAPITAINE COIGNET.

bien, mon garçon, travaille ! tu es bien chez mon gendre. »

Enfin, il me vient des voyageurs dans deux voitures ; je mets les chevaux à l’écurie, et le lendemain je reçois un franc pour boire. Combien j’étais content ! On me fit descendre à la cave pour rincer des bouteilles, et je m’en acquittais bien, car on me les faisait remplir. Alors le petit garçon d’écurie était propre à tout ; aussi on me faisait trotter ferme : Jean par-ci ! Jean par-là ! Je servais à table. C’était ensuite la cave, l’écurie, la grange, le jardin. Je voyais mon père, et je disais : « Bonjour, monsieur Coignet. (Je ne pouvais pas oublier ce nom, il était trop bien gravé dans mon cœur.)

— Bonjour, Jean ; tu ne t’ennuies pas, mon garçon ? — Non, monsieur, pas du tout. »

Enfin, tous les jours, je gagnais de l’argent. Je finis par détruire la vermine ; au bout de deux mois, j’étais propre. Mes dimanches me rapportaient, y compris les pourboires de l’écurie, six francs la semaine. Cette vie a duré trois mois ; mon grand chagrin, c’était de ne plus retrouver mes deux plus jeunes frère et sœur.

Je voyais tous les jours deux camarades d’enfance, qui étaient porte à porte. Je les saluai ; le plus jeune des deux vint me voir. Je bêchais et mon père se trouvait dans son jardin.

« Bonjour, monsieur Coignet, lui dit le jeune Allard. — Ah, te voilà, Filine ! » (C’était