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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/475

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les cahiers

procession, un des aides de camp du général vint lui rendre compte de ce qui venait de se passer derrière lui. Après la cérémonie, le général me dit : « Mon brave, cela n’arrivera plus ; on connaîtra l’ordre de marche. — Il n’est plus temps, vous ne nous verrez plus. Que M. Gachon s’en souvienne ! »

La duchesse d’Angoulême vint à passer à Auxerre et l’on fit tous les préparatifs pour la recevoir. Des hommes de la marine, tous habillés de blanc, étaient commandés pour dételer ses chevaux sous la porte du Temple. Moi, je reçus l’ordre de me porter en grand uniforme à la porte du Temple pour me placer à la portière de droite de la princesse, sabre au poing. Je m’y rendis ; les ordres ne sont pas des invitations, il faut obéir.

Arrivé à mon poste, je me plaçai près de la portière, et mes dindons habillés de blanc traînaient la voiture au petit pas… Moi, avec ma figure antique, je ne soufflais mot. Elle pouvait se vanter, si elle m’avait connu, que je ne l’aurais pas laissé insulter ; j’ai toujours respecté le malheur. Arrivée sur la place Saint-Étienne, la voiture s’arrêta près de la cathédrale, et le clergé avec la croix et le grand crucifix portés par l’abbé Viard et M. Fortin, vicaire, se présentèrent à la portière de gauche. L’abbé Viard présentait son crucifix, et ce pauvre Fortin, la tête penchée sur l’épaule de l’abbé Viard, pleu-