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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/457

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les cahiers

avez été en Russie ? — Partout, Monsieur le Maréchal ! Je vous ai porté quelquefois des dépêches de l’Empereur. » (J’appuyais sur ce mot, et ses nobles aides de camp me regardaient. ) Le maréchal reprend : « Il a fait la guerre, ce capitaine. De quel corps sortez-vous ? — De la vieille garde (depuis 1803, après mes quatre campagnes). — C’est bien, me dit-il, je vous garderai près de moi tout le temps nécessaire à votre service. — Et nos lettres, dirent les aides de camp et le comte Hulot. — Toutes vos lettres sont dans le paquet. Je fais mon paquet à la poste, et ce qui fait partie de l’état-major est sous le couvert du maréchal. — Et moi, Monsieur le Capitaine dit la demoiselle du maréchal, n’y en a-t-il pas pour moi ? — Trois, Mademoiselle. — Il faudra m’en apporter tous les jours ; papa, tu payeras tout cela. — Oui, chère amie, le capitaine me remettra sa note, que je payerai. La poste arrive bien tard ? — A cinq heures. »

Ce fut tous les jours la même répétition en 1815. L’armée fut licenciée et reformée en régiments qui portaient le nom de chaque département. Celui de l’Yonne était commandé parle marquis de Ganet, parfait colonel. J’ai eu l’occasion de le connaître à Auxerre.

J’étais chargé de faire faire toutes les distributions chaque jour, et pendant le temps que je restai à Bourges, je fis distribuer deux cent