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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/432

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rage chez le fournisseur qui me les remboursa. J’avais droit à trois rations par jour ; cela ajouté à mon mois de 300 francs, je me vis en peu de temps 800 francs. Alors il fallut se monter et je me mis à la recherche pour trouver des chevaux, j’en trouvai deux près du Carrousel, chez un royaliste qui s’était sauvé ; je les achetai 2,700 francs, ils étaient très beaux ; mon frère me prêta 2.500 francs.

Je me rendis ensuite chez le notaire de mon frère ; il me fit un contrat par lequel je reconnaissais devoir à mon frère la somme de 2.500 francs, et pendant qu’on rédigeait l’acte, je fis mon testament que je déposai entre les mains du notaire. Mon frère qui me gronda en voyant la grosse du contrat : « Eh bien ! lui dis-je, si je meurs dans cette campagne, tu trouveras mon testament chez ton notaire. »

Je m’occupai de trouver un bon domestique et de faire harnacher mes deux chevaux ; tout cela terminé, j’allai chez mon générai lui faire visite à cheval, domestique derrière, comme un commandant de place faisant sa ronde. J’entrai à l’hôtel du comte Monthyon : « Mon général, me voilà monté. — Déjà ! dit-il, c’est affaire à vous, et deux beaux chevaux ! — Mon cheval de bataille me coûte 1,800 francs, et mon cheval de domestique 900 francs. — Vous êtes mieux monté que moi ; je suis content, mon brave ; vous pouvez entrer en cam-