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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/151

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c’est ma queue qu’ils m’ont coupée à moitié. Si j’avais été à cheval, ça ne me serait pas arrivé, — J’en réponds pour vous, dit-il, je vous connais sur cet article. Maréchal des logis, donnez-lui la goutte. — Avez vous du pain, mon capitaine ? — Allez-lui chercher quatre pains ! Je vais vous faire voir vos chevaux, si vous les reconnaîtrez !

Je lui en montrai douze. « C’est cela, me dit-il, vous les reconnaissez très bien. — Je suis content, capitaine. Si j’avais été monté sur un de ces chevaux, ils ne m’auraient pas coupé ma chevelure, mais ils me le payeront. Je viendrai dans la garde du Consul. Je suis marqué pour un fusil d’argent, et lorsque j’aurai quatre campagnes, le Consul m’a promis de me faire entrer dans sa garde. — C’est possible, mon brave grenadier. Si jamais vous venez à Paris, voilà mon adresse. Comment se nomme votre capitaine ? — Merle ; première compagnie de grenadiers de la 96e demi-brigade de ligne. — Voilà cinq francs pour boire à ma santé, je vous promets d’écrire à votre capitaine. Il faut lui donner de l’eau-de-vie dans une bouteille. — Je vous remercie de votre bonté, je m’en vais, j’ai mon camarade à la grille qui m’attend, il faut lui porter du pain de suite. — Je ne le savais pas, allez ! Prenez un pain de plus, et partez rejoindre votre corps. — Adieu, capitaine, vous avez sauvé l’armée avec vos belles