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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/101

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connaissait de Coulommiers, faites voir ce cheval à ces messieurs ; montez-le ! »

Je le fais trotter sur tous les sens, et au galop encore une fois. Je reviens le présenter. On dit : « C’est bien monter ; il est hardi, votre jeune homme. » M. Potier leur dit : « C’est lui qui a dressé le beau cheval de Mgr le président ; personne ne pouvait le monter, il a fallu le mener en plaine et il l’a rendu docile comme un mouton. » Le président dit à un officier : « Donnez un louis à ce jeune homme pour le cheval qu’il m’a dressé et cent francs pour ceux-ci ; il faut l’encourager. »

L’officier dit aux gardes : « Vous voyez ce garçon comme il manœuvre un cheval. » Je fus bien récompensé par tout le monde ; les militaires me pressaient les mains en disant : « C’est un plaisir de vous voir à cheval. — Ah ! je les fais obéir, je corrige les mutins et flatte les dociles ; il faut qu’ils plient sous moi. »

Enfin, M. Potier livre ses vingt chevaux qui furent tous acceptés, avec les couvertures, sur un mémoire à part, et tous les frais de voyage à leur compte. « Sans cela, leur dit M. Potier, je serais en perte. » On lui répond : « Vous êtes connu, les remontes que vous avez fournies ne laissent rien à désirer. — Je vous remercie, dit M. Potier. — Vous ferez trois mémoires : on vous fera trois mandats que vous toucherez au Trésor ; ils seront signés par le trésorier du