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Comme une mere tendre, à qui les vents du Nord
Refusent un enfant, son unique espérance,
Qu’ils arrêtent au loin sur un perfide bord,
Calcule les instans, mesure la distance,
Suit d’un œil inquiet, le pénible sillon,
Qu’elle croit voir tracer au navire indocile
Qui rend, si lentement, ce tendre rejetton,
Aux vœux de sa triste famille :

D’un dieu sourd à sa voix implorant le secours,
Elle répete en vain son ardente priere ;
L’œil humide de pleurs, on la voit tous les jours,
Parcourir le rìvage, & quitter la derniere,
Le port et son espoir : ainsi, depuis quatre ans,
Soupirants après toi, généreuse Déesse,
De toutes parts trahis, c’est par des vœux ardens,
Que nous te rappelions fans cesse.

Sans craindre les traitants, la dîme & son seigneur
Nous verrons donc enfin l’honorable charrue
Entr’ouvrir un sillon, dont l’heureux laboureur,
Désormais offrira les produits à la vue.
 
Nos vaisseaux respectés, avec le nom français,
Porteront sur les mers ses vertus & sa gloire :
De notre bonne foi, les plus généreux traits,
Du commerce orneront l’histoire.