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PERSONNES ET BIENS D’ÉGLISE A DOURDAN AU XIIIe SIÈCLE.

l’institution n’est pas antérieure au ixe siècle, avaient, comme on sait, la charge spéciale de visiter les églises de leur archidiaconé et de veiller à la discipline ecclésiastique. Ils percevaient les revenus des cures vacantes, étaient juges ecclésiastiques de leur district et avaient une cour, un official et des sergents. Les paroisses inspectées devaient à l’archidiacre le droit, généralement converti en argent, de procuration, c’est-à-dire le gîte et la nourriture pour lui et ses gens.

L’évêque de Chartres avait sur les paroisses de Dourdan son droit de visite, et Saint-Germain figure en tête de la liste des « procurationes episcopi Carnotensis in majori diaconatu, » extraite d’un pouillé du diocèse de Chartres rédigé dans la seconde moitié du xiiie siècle[1]. D’après cette même pièce, le nombre des paroissiens de Saint Germain était alors de 220. Mais par paroissiens (parochiani) il faut entendre les chefs de famille, et en multipliant ce nombre par une moyenne de quatre têtes, comme pour l’évaluation des habitants par feux, on obtient un chiffre approximatif de 880 personnes.

L’estimation du revenu de Saint-Germain est de 80 livres[2]. C’était de beaucoup la plus riche des paroisses des environs, dont quelques-unes pourtant, comme Saint-Arnoult, Châlo-Saint-Mard, et surtout Sonchamp, étaient alors plus peuplées[3]. Par suite de donations ou en

    surait près de 200 kil. de long sur 160 de large, et absorbait, en totalité ou en partie, la Beauce, le Saltus du Perche, les Pagi Chartrain, de Dreux, de Madrie, de Pinserais, de Dunois, de Vendôme et de Blois, c’est-à-dire les anciens districts administratifs que l’érudition moderne a groupés sous la rubrique « civitas Carnotensis » du Notitia provinciarum et civitatum Galliæ, et qui se retrouvent assez bien dans la division en archidiaconés.

    Le grand archidiaconé renfermait trois cantons du Perche, et s’étendait sur le Chartrain et l’Étampois. Il comprenait dans ses six doyennés (Épernon, Auneau, Rochefort, Brou, Nogent-au-Perche, Courville) 223 églises paroissiales.

    Le doyenné de Rochefort, qui représentait une fraction de l’ancien pagus Stampensis, renfermait tout l’Étampois chartrain et une partie de la Beauce. Sur les soixante-sept paroisses qu’il comprenait, cinquante-et une appartiennent aujourd’hui au diocèse de Versailles ; Dourdan est de ce nombre. — Voyez de Lépinois et Merlet, Cartulaire de N.-D. de Chartres. Introd., p. XLVII, etc.

  1. Cité au cartulaire de Saint-Père de Chartres, publié par M. Guérard, in-4o, 1840, tome I. — Tiré d’un manuscrit de la Bibl. Imp., coté cart. 43, et d’un manuscrit de la bibl. de Chartres, connu sous le nom de livre blanc.

    A la suite de la paroisse Saint-Germain, fournissent procuration à l’évêque dans le doyenné de Rochefort : Saint-Pierre de Dourdan ; — l’abbaye de Claire-Fontaine ; — Bonnelle (Bonella) ; — Saint-Arnoult ; — Bretencourt (Bertocuria) ; — Boinville-le-Gaillard (Boenvilla), etc.

  2. La livre valait environ 25 fr. à la fin du xiie siècle, et comme le pouvoir de l’argent est de nos jours quatre fois plus faible qu’il ne l’était alors, la livre valait environ 100 fr. de notre monnaie. (Guérard.)
  3. Voici la comparaison avec plusieurs paroisses des environs :
    PAROISSES. PAROISSIENS. ESTIMATIONS. COLLATEURS.
    Foresta Regis
    (La Forêt-le-Roy).
    72 30 livres. Le grand archidiacre.
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