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MARCASSOU, bondissant.

La nuit ! ensemble !…


LASTÉCOUÈRES, il fait signe à Bibès de le suivre et dit en sortant.

Je l’ai roulé !

Il entre au château suivi de Bibès.


Scène VII

MARCASSOU, puis GINETTA.



MARCASSOU, abasourdi.

Ils ont passé la nuit ensemble !… lui et elle !… elle et lui… Amère ironie du sort !… au moment où la fortune me sourit, au moment où un respectable vieillard me comble de forêts, de châteaux giboyeux et d’étangs meublés… là, à deux pas de moi, mon épouse s’occupe sans relâche à confectionner mon déshonneur, et elle va venir !… je me demande si elle osera affronter mon œil vengeur !

Ginetta sort du pavillon.


MARCASSOU, à part.

La voilà !… contenons-nous !… je suis trompé… donc, j’ai le beau rôle… laissons-la venir.


GINETTA, l’apercevant.

Marcassou !… (Courant à lui.) Je sais tout !… Embrasse-moi donc, mon chéri

COUPLETS.

GINETTA.
I
––––––––O mon trésor, ma vie,
––––––––Te voilà, quel bonheur,
––––––––Tu ne m’as pas trahie,
––––––––Pardonne mon erreur ;
––––––––Je te rends ma tendresse,
––––––––Et dans cet heureux jour,
––––––––Mon cœur bat d’allégresse,
––––––––De plaisir et d’amour.