Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/66

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

animait son visage devant mon embarras. Il voulait maintenant me ravaler à lui.

— C’est bien Lorraine que tu aimais ? ajouta-t-il.

— Nous étions de bons camarades, répondis-je faussement, rien de plus.

Je ne songeais pas à le tromper. Tout Fontile connaissait mon aventure avec Lorraine Bériau. Mais je ne pouvais lui parler d’elle. Il le savait et c’est pourquoi il avait choisi ce sujet pour se montrer cynique. Je ne voulus pas prolonger l’entretien et me levai.

En entrant dans l’appartement où je logeais chez les Camarin, je vis une lumière dans le salon, mais je ne me sentais aucun goût pour la conversation. J’entrai dans ma chambre. Madame Camarin vint presque aussitôt frapper à ma porte.

— Monsieur Camarin n’est pas entré ? demandai-je.

— Je ne l’attends pas avant une heure. Et je n’ai pas sommeil.

Je lui proposai de fumer une cigarette.