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femme, mon père épousait Suzanne Aquinault.

Elle eût été belle, mais toujours vêtue de robes sombres, agrafées sous le menton, elle paraissait autoritaire et sèche. Elle ne dépensait rien pour ses toilettes. Mon père devait lui-même, à l’occasion d’un voyage ou d’une réception, faire venir la couturière. Mais je l’ai rarement vue vêtue avec élégance. D’ailleurs, dans notre famille, les femmes ne sortaient à peu près jamais.


C’est à ma tante Léonie que je portai l’affection que tout enfant éprouve pour sa mère. Dès que j’eus l’âge de marcher, je vécus presque autant chez elle que chez mes parents. C’est à son bras, isolé des élèves de l’école, que j’ai fait ma première communion. J’oublie pour quel motif on ne m’avait pas conduit à la balustrade avec les autres.

Je retrouve sans effort l’image des maisons qu’elle a habitées : l’escalier, entre le premier