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Suzanne qui avait de l’esprit, un tour enjoué de style, entretenait une volumineuse correspondance. Ses amies le savaient et l’une d’elles vint un jour la supplier d’écrire pour elle une lettre en réponse à un jeune homme dont elle souhaitait impressionner la famille. Suzanne accepta de bon gré et comme le correspondant était intelligent elle se piqua au jeu. Après le mariage de son amie avec le jeune homme, elle leur rendit visite. Il fut question de lettres et le mari vanta les mérites de sa femme.

— C’est en lisant ses lettres que j’ai commencé à l’aimer, dit-il. Tenez, je vais vous en lire une.

La jeune femme, confiante que Suzanne garderait son secret, ne disait rien.

— Ce n’est pas la peine, dit cette dernière, c’est moi qui les ai écrites.

Elle se faisait elle-même gloire de cette mise au point.

Telle était l’alliée que ma grand’mère avait choisie.

Un an à peine après la mort de sa première