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sans apparence. Leur éducation en faisait les égaux des fils des familles de la capitale, mais retenus à Fontile par la volonté de leurs parents, qui les liaient par testament, ils souffraient de leur entourage et le dénigraient.

Fontile n’a encore donné qu’un grand homme, l’évêque de P…, sur lequel les opinions sont d’ailleurs partagées. Je le connus alors qu’il était le Père Ludovic. Il se nourrissait mal et ses traits étaient empâtés de touffes d’herpès. On disait de lui : « C’est le meilleur homme d’affaires de la communauté, il ira loin. » Il quitta Fontile dans des circonstances inoubliables auxquelles ma famille fut mêlée. Au moment le plus aigu d’une crise économique, un scandale éclata. Le blâme public tomba sur le Père Ludovic. D’une probité personnelle au-dessus de tout soupçon, il avait apporté dans l’exercice de ses fonctions d’administrateur des secours une habitude de despotisme qui avait entraîné la dilapidation de grandes sommes et une injustice grave à l’égard de mon grand-père. Celui-ci avait porté plainte et demandé la tenue d’une enquête. Selon la sage