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où j’avais vécu jusque-là croulait ; j’entrais seul à l’insu de mes parents et de mes amis, dans un monde fermé, au ciel bas, pour lequel je n’éprouvais que du dégoût, mais d’où je ne pouvais retourner en arrière, et qui était celui de la réalité quotidienne.

— Venez maintenant, dit Imelda au vieillard en lui tendant la main.

Nous entrons dans la chapelle. Il y règne une atmosphère moyenâgeuse. Georges a pris place dans le chœur avec un autre frère. Après le sermon l’Abbé reçoit leur engagement. Ayant été revêtus du scapulaire et du crucifix, ils relèvent leur capuchon et s’étendent face contre terre au pied de l’autel, pendant qu’un chœur de religieux entonne le Veni Creator.

Quand, enfin, nous sortons, après la communauté, Georges, la tête tondue, les bras croisés sous son scapulaire, nous attend à la porte de la chapelle, sous un portique éclairé faiblement par le jour roussâtre de deux vitraux. Ses frères et leurs femmes l’entourent, le pressent de questions.