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DEUXIÈME PARTIE


Les Hautecroix recevaient un petit groupe d’intimes quelques jours avant le lancement officiel du nouvel ouvrage de Georges et Mayron avait été invité. L’écrivain reconnaissait par ce geste le mouvement dirigé par le jeune journaliste et du même coup son influence dans le parti. Il ne lui déplaisait pas que Mayron remarquât l’opportunisme de sa démarche au moment où l’on commençait à répéter un peu partout que Blaise Carrel allait se retirer de la vie politique. Loin de cacher son jeu, Georges eût plutôt craint qu’une trop grande discrétion ne laissât des doutes sur ses intentions. Il préférait être direct. Auprès des politiciens, les finesses de l’étiquette, les subtilités de la diplomatie comptent moins que le succès. L’écrivain tenait donc à ce qu’on relie les deux événements, et surtout à ce qu’on en parle.

Mayron, à la demande de son hôte, était venu un peu plus tôt et l’écrivain l’avait reçu dans son cabinet. Il tenait à l’impressionner. Il n’oubliait pas l’émotion ressentie naguère,