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TROISIÈME PARTIE


Dans le train qui le ramenait à la ville, où il avait hâte de retrouver Sylvie, Georges Hautecroix avait le cœur lourd. Auprès de Carrel, il avait refoulé toute réaction vive — il ne s’opposait à celui-ci qu’au conseil du parti, en pleine lumière. Il lui avait fallu se soumettre de bon gré. Mais cette opposition entre son attitude extérieure de désintéressement contrastait trop vivement avec ses sentiments pour ne pas le jeter dans un état de trouble qui fluctuait en lui comme un liquide dans un vase violemment agité.

À son arrivée, il téléphona chez Sylvie, mais elle était absente.

Comme s’il avait connu la déception de Georges Hautecroix et la pente de ses pensées, Mayron lui demanda un rendez-vous au journal.

Le jeune homme avait changé en l’espace de quelques semaines. Et tout d’abord, il avait quitté le groupe qui se réunissait autour de Jean Hautecroix. Il commandait maintenant une troupe de choc, dont les adeptes se re-