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INTRODUCTION


De toutes les parties de l’art de guérir, la médecine opératoire est peut-être celle qui, pendant une longue suite de siècles, a mis le plus d’hésitation dans sa marche et de lenteur dans ses progrès. Privée du concours de l’Anatomie, dont une superstition funeste, ou plutôt l’orgueil d’une caste, lui interdisait la conquête, elle marcha à tâtons jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, dans des sentiers inconnus et bordés de précipices. Bien que les anciens aient parfois essayé des opérations d’une hardiesse remarquable, car nous trouvons, au temps de Moïse, les premiers essais de la castration, nous voyons, qu’à l’époque de Columelle, vers l’an 42, le nombre en était fort restreint. Les accidents redoutables qu’ils voyaient si souvent surgir et qu’ils ne savaient ni prévenir ni combattre, étaient à la fois la cause et l’excuse de cette réserve timide qui, presque toujours, les condamnait à l’inaction, en présence des indications les plus urgentes, les plus précises.