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leurs meubles, les portent chez le boulanger, ficelés à dimension pour pénétrer dans le four. Ce four brûle jour et nuit. Le boulanger doit le laisser refroidir avant de cuire le pain. Dans toutes les maisons, on brise ce que l’on ne peut brûler.

Les allemands sont furieux. Cette fureur nous réjouit, et surexcite notre ardeur.

À la maison, le four ne résiste que deux ou trois jours à cette épreuve du feu. La voute est sans doute moins épaisse que celle du boulanger. Un soir le feu se déclare au dessus de la voute, les chevrons du toit commencent à bruler. Nous éteignons facilement ce commencement d’incendie. Mais cet incident nous suggère l’idée d’essayer de provoquer un incendie apres notre départ.

Quand le four est refroidi, nous perçons un trou dans la voute,